L'inflation et l'ironique taxe sur la productivité. 

Richard Benson article publié sur www.sfgroup.org

L'homme est quelqu'un de vraiment chanceux parce que les machines font tout leur travail. Notre économie et notre prospérité repose sur les épaules des génies qui ont inventé la roue, la charrue et le levier, et les penseurs de génie qui ont fait sortir de leurs rêves les mathématiques, la combustion interne pour les moteurs, les puces en silicone et l'Internet. Ces innovations ont fait faire de fantastique pas de géant à l'humanité. L'ingénuité des hommes, mélangé avec ce désir de faire mieux est de produire plus en utilisant moins, ont constamment fait progresser la productivité.

Il était un temps où j'attendais avec impatience le rapport du gouvernement sur la productivité parce que ça me donnait l'impression que je pouvais partager un peu de ce génie collectif, de cette chance, et du dur labeur de ceux de mon espèce. Puis je me suis réveillé et j'ai réalisé que ces mêmes rapports étaient utilisés pour me voler ! Voici comment j'en suis arrivé à cette conclusion.

L'autre jour j'étais à la pompe pour faire de l'essence, je pensais justement à cette productivité, à cette créativité et aux avances technologiques. J'ai alors réalisé combien ça allait me coûter pour remplir le réservoir de mon 4*4 de sport - un montant qui aurait nourri une famille de quatre pour un mois quand j'étais gamin -il m'a paru évident qu'une des choses que le gouvernement ne dit jamais, c’est ce que dollars dans ma poche me permettra d'acheter plus l'année prochaine. J'insiste, mon dollar devrait me permettre d'acheter plus grâce à la croissance ininterrompue de la productivité, et je devrais me porter mieux si je ne m'étais de l'argent de côté, plutôt qu'en le dépensant. Mais, de toute ma vie, mon monde n'a connu que l'inflation qui me pousse à acheter des biens aujourd'hui dont j’aurai besoin demain, et les garder de côtés en attendant, a finalement été un meilleur investissement que de garder mon argent à la banque.

Même si mon portefeuille était clairement plus léger après avoir payé la facture d'essence pour remplir ma voiture, je décidais d'aller au supermarché. Malgré tous ces gains de productivité, tout ce que je trouvais sur les étagères du supermarché - et je veux vraiment dire absolument tous - étais plus cher que la dernière fois que j'ai fait mes courses. Une pensée désagréable commencée à me titiller l'esprit :

« si les machines faites par l'homme produisent plus avec moins de travail chaque année, pourquoi il n'est pas possible que le dollar que je gagne cette année ne permette d'acheter plus l'année prochaine ? » Cette augmentation de la productivité ne devrait-elle pas profiter aux salariés et à ceux qui font des économies ?

Tout cela m'a amené un examen sérieux de l'inflation. De fait, je suis un économiste entraîné, je sais que l'inflation c'est le moyen pour le gouvernement et la réserve fédérale de taxer les actifs financiers tels que le cash. Je réalise également que l'inflation est une horrible et insidieuse taxe silencieuse. J'ai même encouragé ma femme à acquérir des obligations indexées sur l'inflation comme ça elle pourra au moins garder son pouvoir d'achat par rapport à cette inflation. Mais peut-être que finalement ses obligations n'ont pas fait aussi bien en rapport avec l'inflation que ce que j'observe comme vraie inflation, ce qui n'est pas la même chose que l'inflation mesurée par le gouvernement.

Bref, quoi qu'il en soit, revenons au supermarché. J’étais là bas en train de pousser mon caddie dans les allées assommé par le prix de la plus simple épicerie. Et je ne parle même pas du prix de la viande - poussée à la hausse par le prix du bétail, du porc et du poulet, qui ont eux été poussé à la hausse le par le prix du maïs. Le maïs a lui été poussé vers le haut à cause des pensées d'un politicien de Washington qui pense que l'idée de transformer tout le maïs en éthanol pour l'utiliser dans les voitures est populaire, mais je vois ça comme étant incroyablement stupides, à moins que, bien sûr, vous appréciez des prix plus élevés pour votre alimentation. En tant que consommateurs, quand je pense à l'escalade des prix alimentaires aujourd'hui, je réalise que je ne bénéficie pas du tout de tous ces gains de productivité ! En fait, avec l'inflation, le gouvernement a très simplement volé/taxé ma part de productivité. Pensées vraiment douloureuses et hallucinantes !

Faire mes courses a été tellement stressant que j'ai eu besoin de rentrer chez moi pour me reposer. Juste au moment où je commençais à somnoler, la réalité m'a heurté comme une tonne de briques entre les deux yeux. Cela fait des années que j'écris pour expliquer comment le gouvernement a utilisé des ajustements de prix « hédonistes » pour garder sous contrôle les chiffres de l'inflation qu'il publie et comment les mesures de l'inflation sont modifiées au cours du temps de telle sorte que les biens actuels soient comparés avec les biens du passé. Utilisons l'achat d'un ordinateur comme exemples :

Le concept derrière les ajustements hédonistes c'est que, parce que votre ordinateur est deux fois plus rapides et permet de conserver deux fois plus de données pour le même prix, le prix que vous payez est divisé par deux. Pourtant le vrai prix que vous payez pour cet ordinateur n'est pas divisé par deux, mais le prix qui est utilisé pour le calcul dans l'indice est lui divisé par deux !

Surprise, surprise ! La plupart de ces ajustements hédonistes dans l'indice des prix est simplement un moyen de traduire l'amélioration des technologies. Un autre nom pour cela et bien sûr la productivité. Les avances technologiques, hédonistes, et la productivité sont toutes des noms et des mesures pour le même fait fondamental : les avancées technologiques permettent une amélioration de la productivité qui est ensuite adaptée avec ces ajustements hédonistes.

Quelque chose n'allait pas. Je me suis relevé et j'ai examiné ce dollar en train de se déprécier dans mon portefeuille et je me suis senti comme si j'étais cambriolé ! Premièrement, par la réserve fédérale parce qu'ils se sont arrangés pour garder l'inflation en permanence, comme ça je n'ai jamais reçu les bénéfices de la productivité, et ensuite par le rusé bureau des statistiques du travail, qui calcule l'indice des prix payés pour la productivité en le soustrayant au CPI et en le publiant comme un chiffre encore plus petit que ce qu'il est réellement ! (C'est vraiment ironique que les meilleurs et les plus intelligents à ce bureau sont employés pour trouver un moyen d'utiliser ces statistiques pour voler leurs grands-parents de la croissance de la sécurité sociale qui leur est due.)

Si le gouvernement était équitable et que la croissance du crédit et de la masse monétaire était limitée, j'estime que le dollar pourrait acheter environ 2 % de mieux chaque année, et je pourrais vivre dans un paradis pour les épargnants. Enlever la productivité de l'indice des prix veut dire que si le CPI sort à 3 %, en réalité il est plus prêt de 5 %. Notre gouvernement y gagne en faisant cela parce que comme c’est l'emprunteur le plus grand au monde, il bénéficie de l'augmentation de la productivité. D'un autre côté, les épargnants et ceux qui ont des revenus fixes sont vraiment mis à poil. Dans une économie de 14 trillions de dollars, les 2 % de productivité que l'on nous vole vont nous coûter un bon 280 milliards de dollars, et la taxe de l'inflation au total à 5 % coûte plus de trois trilliards de dollars. C'est un montant suffisant d'impôt pour payer une guerre pas si petite que ca au final !

J'ai du travail et je gagne bien ma vie alors pourquoi, plus que les autres, je devrais me plaindre parce que l'impôt sous forme d'inflation est cruel et poussé encore plus haut par ce que la productivité a été soustraite d'une manière pervers de cette inflation ? Eh bien, je deviens vieux, et mon coeur se sent plus proche de ce couple retraité à côté de chez moi qui ont des revenus fixes, connaissant à quel point leur coût de la vie est ajusté par le bas à cause de cette productivité. S'il n'y avait pas d'amélioration de la productivité, le gouvernement devrait verser à ce couple retraité bien plus puisque l'ajustement hédoniste, qui réduit l'inflation, serait à zéro. Si cet ajustement hédoniste était à zéro avec une productivité également à zéro, le même couple retraité devrait être en mesure de rester au contact de la véritable évolution du coût de la vie ! Pour ceux qui ont des revenus fixes, les avances technologiques - qui conduisent à une amélioration de la productivité - est vraiment un problème plutôt qu'une solution.

Alors, quand je regarde vers l'avenir, il est important de se souvenir que dès que la productivité ralentie, le niveau d'inflation va soudainement accélérer, parce qu'il n'y aura plus d'ajustement hédoniste à soustraire de ce chiffre réel.

Maintenant que je comprends vraiment comment cet impôt productivité fonctionne, j'ai beaucoup moins envie d'acheter des obligations indexées sur l'inflation et beaucoup plus d'acquérir de l'or ou de l'argent. Je suis persuadé que les métaux précieux seront un moyen beaucoup plus sur pour suivre les véritables chiffres de l'inflation. Les chiffres manipulés du gouvernement sont utilisés pour cacher et pour prétendre que l'impôt sous forme inflationniste est bien plus faible que ce qu'il est réellement. Si l'on tient compte de la taille du déficit de notre pays, et de la taille des engagements qui ne sont pas financés, le gouvernement américain est insolvable. Les États-Unis créent de l'inflation comme des fous, et ça ne peut être que pire dans l'avenir.

Tous les subterfuges seront utilisés dans les livres pour être certain que la masse continue d'acquérir la monnaie émise par le gouvernement qui est pourtant promis à toujours être racheté pour moins, et pour moins, et encore pour moins. Créer une taxe indirecte grâce à la productivité à travers les ajustements hédonistes est vraiment un coup malin, mais en tant qu'épargnants ou investisseurs vous ne devriez pas tomber dans ce piège !


Publié le 29 mars par Richard Benson sur www.sfgroup.org

traduit de l'anglais par SR.