Ne pas faire confiance à l'argent quel que soit
son prix
Adrian Ash. BullionVault.com
«... Augmenter les taux
d'intérêt est supposé rendre la
confiance dans une devise. Mais que faire si ça ne marche
pas comme à Mexico en 94… en Angleterre en
92… et aux États-Unis en 1933... ? »
Le matin du mercredi 16 septembre 1992, la banque d'Angleterre
à Londres à monter ses taux
d'intérêt de 10 à 12 % -- la plus
grosse hausse en plus de huit ans.
La vieille dame a aussi promis une hausse supplémentaire
à 15 % plus tard cette même journée.
Les spéculateurs autour du monde, le plus
célèbre d'entre eux Georges Soros, se sont mis
dans la tête que le système monétaire
européen (ERM.) -- le précurseur du
système de devises eurozone d'aujourd'hui --
étaient en train de s'écrouler.
Le Royaume-Uni était depuis trois ans dans une crise des
prix immobiliers, et la récession qui a suivi a mis plus
d’un million de personnes au chômage. La livre
sterling et la lire italienne semblait terriblement
surévaluée à l'intérieur
des « bande de trading » de
l’ERM fixé deux ans plus tôt.
Ou en tout cas c'est ce que pensaient les spéculateurs. Et
les spéculateurs ont eu raison, comme on a pu le
vérifier. Et la banque d'Angleterre avait tort. À
la clôture du trading ce jour d'automne 1992, le Royaume-Uni
avait abandonné l’ERM. Elle avait aussi
dépensé l'équivalent de 1.6 milliards
de dollars pour essayer de faire monter la livre.
Georges Soros, d'un autre côté, était
plus riche d’un milliard de dollars. Et les taux
d'intérêt de la livre sterling étaient
rabaissés à 10.5 % le jour suivant.
Deux ans plus tard, une hausse de taux d'intérêt a
échoué pour défendre le peso mexicain.
Le gouvernement a gaspillé plus de 80 % de ses
réserves en devises étrangères en 1994
pour essayer de faire monter sa devise. Sa dévaluation en
décembre a tellement effrayé les investisseurs,
qu'ils ont déserté les adjudications
d'obligations malgré des taux d'intérêt
qui ont atteint 40 %.
Une fois encore, le marché a eu raison et le gouvernement
avait tort. Le peso mexicain avait déjà perdu la
moitié de sa valeur contre le dollar US en juste 12 mois.
Dans les cinq années qui suivent, il sera encore
divisé par deux.
La même perte de confiance dans une devise quelque soit son
prix a également touché le dollar US au
début des années 30... Même si la
déflation frappait à ce moment là et
que la valeur de la monnaie semblait monter.
La Grande dépression a conduit les citoyens
américains à se ruer vers l'or avant le cash.
« En 1932 la réserve
fédérale américaine à
monter son taux de base pour défendre le dollar, »
écrit Sam Hewitt pour le Sun Valley Gold dans un article il
y a 10 ans. Mais craignant une dévaluation imminente du
dollar, « le public américain a
continué de se ruer vers l’or qui lui ne distribue
pas de dividendes ».
Le public américain avait raison de craindre une
dévaluation -- exactement comme ceux qui ont
attaqué la livre sterling et les investisseurs
étrangers quittant le peso mexicain ont eu raison de perdre
confiance dans les hausses de taux d'intérêt.
Pour finir, il aura fallu un ordre exécutif du
président le 5 avril 1933 pour forcer les citoyens
américains à revenir vers le dollar. Le
président Roosevelt a rendu la possession d'or
illégal, punissable par une amende de 10 000 $ et
où de l'emprisonnement.
Il a également dévalué le dollar de 40
% en une seule fois.
Avançons rapidement vers mars 2007. Les investisseurs, les
propriétaires de maisons, les entreprises et les
gouvernements partout dans les pays développés
refusent maintenant de détenir du cash. Ils
préfèrent le dépenser, le transformer
en investissement, le prêter, ou l'échanger contre
d'autres actifs financiers -- n'importe quels actifs financiers--
plutôt que de s'y agripper.
Pourtant personne refuse d'accepter cet argent en paiement, en tout cas
pas encore. Alors, la solution pour rendre confiance dans les devises
officiels -- y compris le dollar... Le sterling... L'euro... Le peso et
tout le reste -- à l'air d'être purement
académique. Le dédain actuel pour la devise
papier est encore loin de s'estomper.
D'accord ?
« L'or est une ressource qui s'épuise, »
a écrit David Ranson de H.C Wainwright &Co dans un
article de recherche pour le sommet mondial sur l'or en 2005,
« et les grandes découvertes deviennent vraiment
très rares. En conséquence le pouvoir d'achat de
l'or va rester stable, et son rôle comme mètre
étalon va devenir encore plus sûr. »
L'étude de Ranson a montré que les variations du
prix de l'or ont une corrélation de 0.50 avec l'inflation
des prix à la consommation quelque 12 mois après
leur publication. Le prix du pétrole, d'un autre
côté, a une corrélation de seulement
0.23 avec le coût de la vie un an plus tard. Cette conclusion
ne colle probablement pas avec les certitudes des analystes de CNBC et
Bloomberg. Plutôt que l'or agisse comme « une
protection contre l'inflation », le métal en fait
nous donne une indication précurseur de l'inflation dans le
coût de la vie.
Dit autrement, cela veut dire que l’or signal la
dévaluation à venir du papier monnaie.
« L'inflation est un phénomène
monétaire, » continue Ranson, « par cela
je veux dire qu'il est mené par le pouvoir d'achat d'une
devise en termes d’indice de « monnaie solide
». Comment savoir si l'action d'un gouvernement combat ou
favorise l'inflation ? Regardez l’or, pas le
pétrole. »
La Fed américaine connaissait ca. C'est peut-être
encore le cas aujourd'hui si l'on en croit le débat qui fait
rage sur les manipulations illégales du prix de
l’or sur le marché ouvert. Mais sous Paul Volcker,
le fameux président de 1979 à 87, la Fed voyait
en l’or un baromètre des attentes inflationnistes.
Lors d'un comité de politique monétaire
à la fin 1979, le comité de la Fed a
noté que « l'activité
spéculative » sur le marché de l'or
était en train de se répandre vers les autres
marchés de matières premières. Un
officiel du trésor américain a appelé
le rush vers l'or « un symptôme des
inquiétudes croissantes à propos de l'inflation
mondiale. »
« Il y avait une sorte de grosse pression
spéculative, » a dit Volcker dans un interview
à PBS en septembre 2000. « Nous avons dû
gérer cette inflation. »
« C'était les années où tout
le monde voulait acheter des objets de collection à New
York. Le marché explosait, et les autres marchés
pour du concret explosaient aussi -- parce que les gens avaient cette
sensation que le prix des choses augmentaient et qu'il n'y avait aucun
moyen d'arrêter ca. »
Volcker s'était arrêté à une
manière d'interrompre les attentes inflationnistes. Il a
porté les taux d'intérêt
américain à 19 % et arrêter la
spéculation sur l'or d’un coup.
Son remède vigoureux a également
affecté les taux d'intérêts
réels américains -- au-dessus et
au-delà de la croissance du coût de la vie --
à plus de 9 %. Il a détruit les obligations avec
une longue maturité, mais de toutes façons plus
personne n'en voulait. Les bons du trésor sont devenus des
« certificats de confiscation ». Seuls les vrais
dividendes qui était garanti par le gouvernement
américain, pouvait attirer de l'argent frais sur le
marché obligataire une fois encore.
Jusque-là, personne n'a prescrit le même type de
remède pour l'argent liquide aujourd'hui. Mais comment cette
destruction au ralenti de la confiance dans les devises issues par les
gouvernements va être résolue à long
terme ?
Il faudra probablement plus de quelques hausses de 0.25 % des taux
d'intérêt. Mais si Washington devait une fois
encore rendre la possession d'or illégal -- comme il ont
fait pour défendre le dollar en 1933 -- au moins les
citoyens américains ont cette fois l'option de se
précipiter vers de l’or physique offshore... Bien
au-delà des caprices et dictatures de leur gouvernement.
Publié le 23 mars par Adrian Ash. BullionVault.com
traduit de l'anglais par SR.

