Le bon, le mauvais et le très mauvais.
Charles Zentay. www.thinkinvest.blogspot.com
Quand mon ami Michael Nystrom m'a demandé d'écrire un
article pour Bullnotbull.com, je me suis d'abord senti flatté
puis très déprimé. Flatté de cette
opportunité, puis alors déprimé devant l'ampleur
de la charge pour répondre à son invitation. Comment,
après tout, est-ce que j'allais pouvoir lier la masse
énorme d'information qu’Internet et l'économie
moderne apportaient à mon cerveau vieillissant ? le
résultat, pour le meilleur ou pour le pire, et ce que j'appelle
maintenant « le bon, le moins bon et le très mauvais
» mais ça ne se suit pas dans cet ordre.
Le mauvais
Comment dire, c'est mauvais. Les marchés sont en baisse, et
pour la première fois depuis longtemps les penseurs de Wall
Street commencent à remettre en question le scénario
économique du goldilocks qui a conduit les écarts de taux
à se resserrer depuis des années. Plusieurs
prêteurs pour des milliards de dollars sont prêts à
basculer en banqueroute, Greenspan nous avertit qu'il pourrait y avoir
contagion vers les autres marchés et qu'une récession est
possible, et d'autres sommités se demandent si des banques
majeures telles que Citibank ou Goldman seront affectées.
Il y a quelques semaines, un ami, qui est un trader sur
dérivés pour une grande banque à New York, me
disait qu'à sa banque tout le monde était effrayé
d'être négatif sur le marché (short) parce que les
conditions de crédit avaient été si bonnes depuis
si longtemps. « N'importe qui, qui a été Short
» me dit-il « s'est trompé ». Dans le monde de
Wall Street où les réputations et les boulots les plus
importants sont mesurés sur des échelles trimestrielles,
il est beaucoup plus lucratif de faire un gain de 2 %, comme tout le
reste du marché, que de risquer une perte de 20. Après
tout, quand la baisse de 20 % arrive, il est si facile de blâmer
le faîte que « mais personne n'a vu venir » et
faire du lobbyings auprès des amis de la Fed pour qu'il vous
sorte d'une crise financière qui menace de submerger le
système financier global (contagion est le mot « qu'ils
» utilise à chaque fois (1)). Rappelez-vous, c'est
l'argent des autres que vous gérez, mais c'est votre bonus.
Pendant que les analystes courent dans tous les sens en essayant de
décrire une raison ou une série de raisons pour expliquer
les doutes récents, dans ma tête c'est beaucoup plus
simple. La marée est en train de se retirer. Je parle de la
marée monétaire. Après presque deux
décennies d'une baisse générale des taux
d'intérêt, les taux d'intérêt (pour la partie
des taux les plus courts de la courbe de taux) ont augmenté, et
des pays tout autour du globe (Chine, Japon, Suisse, l'union
européenne, les États-Unis, pour en nommer qu'un petit
nombre) ont essayé de drainer des liquidités de leur
système financier.
Donc la tendance est en train de changer. Mais deux décennies de
monnaie bon marché et une Fed accommodante peuvent conduire
à des événements étonnants. Après
tout, il y a encore quelques semaines, quelqu'un qui avait des
problèmes pour rembourser les factures de ces cartes de
crédit pouvait facilement recevoir un emprunt pour 100 % de la
valeur de sa maison. Cet emprunt aurait eu une somme à
rembourser mensuellement qu'il pouvait difficilement se permettre, et
qui, en plus, ne pourrait être que plus élevé d'ici
à deux ans. Mais quelle différence quelques semaines
peuvent faire !
Et devinez quoi ? Les politiciens et les régulateurs sont
choqués que ces pratiques ont duré si longtemps (à
l'exception de Ron Paul, le seul, brave voix au congrès qui
prévient les conséquences de cet excès de
liquidités). Personnellement, je suis choqué que les
politiciens peuvent continuer à nier un fait aussi certains
même mis en face de la réalité. Mon
préféré c’est Chris Dodd du Connecticut, qui
est choqué de ce qui se passe et qui demande à gauche
comme à droite des auditions sur le sujet. En tant que
président du comité bancaire pour le Sénat, avec
toutes les ressources à sa disposition et les
possibilités de demander à n'importe quel
Américain de témoigner sur le sujet, comment se fait-il
qu'il ne savait pas ce qui était en train de se passer ?
après tout je ne suis qu'un petit indépendant avec un
accès à Internet, et j'ai été capable de
faire suffisamment d'argent en vendant à découvert ces
sociétés de prêts. Mais peut-être «
indépendant » est le mot-clé de la phrase
précédente. Parce que, pendant que le sénateur
Dodd s'exprime pour dire que nous devons aider ces pauvres, qui ne
peuvent pas rembourser leurs crédits, d'autres personnes savent
que les plus gros donateurs de l'honorable Christopher Dodd sont les
plus grosses institutions financières au monde, celle qui ont
prêté plus que de raison aux pauvres en premiers et qui
sont la cause de cette crise, et aussi ceux qui souffriront beaucoup si
« la contagion » devait se matérialiser.
Mais hélas, dans la liste du mauvais, les politiciens ne sont
pas sur le haut de ma liste. J'ai toujours cru que c'était les
banquiers (et pas les voleurs) qui devraient être ceux qui
portent le masque. Mon ami flipper58 (dont vous pouvez voir le travail
sur le site investorvillage.com) décrit ce qui m’a
inspiré comme suit :
« Ce qui est tellement fascinant (à propos de
l'éclatement du marché de ces emprunts) c'est qu'ils (les
crédits) était extrêmement bien structuré,
certainement par quelques ingénieurs financiers de Wall Street
il y a une demi-douzaine d'années. Quand vous pensez à la
structure des CDO (obligations dettes collatérales), c'est
à la fois simple et génial. Prenez un paquet
d’emprunt mal noté et non conforme et mettez-les dans un
grand pot. Séparez-les en différents niveaux (tranches)
en traçant 10 ou 15 lignes au milieu. Faites en sorte que le
niveau 1 reçoive les intérêts et le capital en
premier et il s'il y à des excès sa tombe sur le niveau 2
et ainsi de suite. Alors, donnez une note à chaque niveau et
vous avez créé un paquet de crédits avec des
mauvaises notes qui sont maintenant des investissements qui par essence
les rendent possibles à vendre auprès des entreprises qui
investissent. Cela crée soudainement un nouveau pool massif
d'acheteurs. Ajouter les swap sur les taux d'intérêt pour
résoudre le problème des maturités et de la
durée, ajouter des swap en cas de défaut sur les plus mal
notés et vous avez un montant incroyable d'argent tout frais qui
achète ces emprunts qui dans le passé avait très
peu de fonds alloués vers eux. De nos jours vendre des
crédits qui couvrent 99 % du prix de la maison est facile car la
structure CDO écarte le risque de 50 à 75 %.
Si vous observez n'importe quelles bulles dans n'importe quel
marché, la seule chose que vous devez chercher c'est la nouvelle
source de fonds qui les ont provoqué. À mon humble avis
la bulle sur le Nasdaq en 1999 a été causée par un
nombre massif de nouveaux courtiers en ligne qui ont autorisé
n'importe qui à traiter autant qu'il le souhaitait ces titres.
De même, la structure CDO, crée maintenant un montant
énorme de cash.
Mais maintenant que le bol de punch est vide, toutes ces options qui
couvrent 100 % du risque ARM ne devront pas être honorées
et aussi parce que la structure des crédits en CDO reporte le
risque sur ceux qui sont à l'origine des crédits
où seul le volume compte et non pas la qualité. De voir
ces très mauvaise pratique se généralisé
auprès des courtiers de crédit n'est pas une surprise. Je
sais que dans ma région des courtiers en crédit poussent
comme du chiendent. »
Pour moi, n'importe quel bénéfice et contrainte d'un
investissement potentiel doit être mesuré à la fin
de vie du contrat et devrait être assumé ou devrait
être une obligation si le contrat créait finalement une
perte à la fin de sa durée de vie ! Est-ce que vous
pouvez imaginer ça ? Imaginez comment les banquiers se
comporteraient différemment ? Ça serait comme demandaient
aux politiciens d'envoyer leurs propres enfants à la guerre !
C'est quand même drôle de demander certains comportements
à ceux qui gèrent l'argent des autres ou qui envoie les
enfants des autres sur les chemins de la guerre.
Trop souvent les produits financiers sont structurés pour donner
un bénéfice à court terme et additionné
tous les risques pour le futur. La marée des émotions
humaines est ce qui conduit le cycle de bizness parce que ceux qui
gagnent beaucoup d'argent dans la première phase deviennent de
plus en plus convaincus que les performances passées
n’indiquent pas réellement la probabilité et
la certitude de ce qui doit arriver (des pertes futures), ce qui en
conséquence explique le choc que reçoit les investisseurs
quand ils réalisent qu'ils ont été
positionnés très tard dans le mouvement.
Pourtant les signes évidents sont tout autour de nous. Comme un
ami me disait ce week-end, quand une publicité pour la mauvaise
haleine des chiens offre un financement, ça doit quand
même être une indication qu'il y a un excès de
liquidités. Tout le monde à New York continue de me dire
: « ne t'inquiète pas, le risque de prêts est
tellement diversifié que ce n'est plus un problème»
et pourtant, je ne le crois toujours pas. Pourquoi ?
En fait, je tiens à souligner que l'exact opposé est
aussi vrai. Le trading de profits à court terme avec un risque
futur en constante augmentation a eu lieu à une échelle
énorme, depuis les prêteurs à risque jusqu'à
la réserve fédérale ! J'écrirai plus sur ce
sujet dans un prochain article, mais pour le moment une simple
statistique peut démontrer ce dont je parle : depuis 1987 (quand
Greenspan a pris les commandes de la Fed), la dette du marché
total du crédit a grossi de treize trilliards à quarante
trilliards et représente maintenant plus de 300 % du PIB.
Beaucoup avancent ( y compris Greenspan ce qui est assez choquant) que
la croissance de cette dette n'est pas un problème, parce que
les richesses ont cru encore plus. Mais quand trop d'argent est
disponible pour prêter, les emprunteurs tirent les prix vers le
haut (par exemple immobilier). Ce n'est que lorsque cet excès de
liquidités se retire que nous réalisons vraiment les
conséquences, ou comme le dit Warren Buffett, « ce
n'est que aux moments où la marée se retire que l'on va
voir qui a nagé tout nu. » Avec les dettes qui augmente 50
% plus vite que la production industrielle, j'ai l'impression que celui
qui nage tout nu pourrait bien être Oncle Sam, et ce n'est pas
une jolie image.
Ma prédiction : un grand nombre des prêteurs à
risque (et d'autres prêteurs) vont faire faillite, les plus
grandes banques vont souffrir de nombreuses pertes, les prêts
seront plus difficiles à obtenir, le marché immobilier va
continuer à baisser, et les USA vont glisser dans une
récession à un certain moment cette année, si ce
n'est pas déjà fait.
Le bon
La bonne nouvelle c'est que la Fed peut toujours imprimer encore
plus d'argent (on appelle ça le « Greenspan Put »
parce que c'est ce qu'il a toujours fait dès que les choses
allaient mal, nous « sauvant » d'une
récession). Cependant j’ai écoûté la
Fed depuis un certain temps, et même si je n'achète pas
l'argument du marché que la Fed doit être obliger de
baisser ses taux, maintenant je suis obligé de capituler. Je
pense que le séisme de ces prêteurs à risque va
s'étendre au reste du marché immobilier. Le marché
des actions va continuer à être volatile et les banques
vont souffrir suffisamment pour que la Fed soit obligés de
baisser ses taux cette année, probablement à 4.5 %, ou
peut-être même plus.
Quand le marché va réaliser que la Fed va certainement
baisser ses taux, il y aura certainement un rallye. Jusque-là
attendez-vous à de l'instabilité. Comme je l'argumente
toujours auprès de mes amis qui ont peur de la déflation,
ça ne va pas se passer. Aucune chance. La Fed peut toujours
décider d'imprimer encore plus de cash. Simple et
évident. Une déflation n’a aucune chance de se
produire.
Le très mauvais
Le très mauvais problème c'est plutôt le
potentiel (et le besoin politique) d'inflation. La déflation ne
peut pas arriver parce que la Fed peut toujours injecter plus de
liquidités. Cependant, l'inflation ne peut pas toujours
être contenue, parce que le système financier pris dans
son ensemble à une habitude de la générer.
Exactement comme les banquiers peuvent créer des produits
(certains étant des produits dérivés) qui offrent
des gains rapides et qui repoussent les risques dans le futur, la Fed
elle aussi essaie de réduire les risques en ajoutant des
liquidités (pour éviter une récession). Or
qu'est-ce qui ne va pas avec ça ? Après tout, personne
n'aime les récessions.
Malheureusement le problème est vraiment mauvais. Vraiment
très mauvais. Cela s'appelle le hasard moral. Depuis que
Greenspan a pris ses fonctions, il est devenu de plus en plus clair que
la Fed fera tout pour éviter une récession. Ne vous
inquiétez pas. Si vous avez trop emprunté, des gens comme
Greenspan et Chris Dodd viendront vous sauver. Le hasard moral c'est
que les personnes les plus brillantes dans l'économie se sont
rendues compte que ce sauvetage arriverait à chaque fois, en
conséquence ils sont encore plus tentés d'emprunter !
Pourquoi ne pas être encore plus agressif que le gars qui est
assis à côté de toi ? Et ainsi de suite, jusqu'en
bout de ligne, depuis le charger de clientèle dans une banque,
à celui qui vend des crédits, en passant par
l'investisseur immobilier. Et n'oublions pas que les gars qui
travaillent avec du levier ont compris ca il y a bien longtemps, comme
l'ont fait les hedge funds.
Il y a moyen très simple de regarder ce sujet compliqué
que j'essaie de souligner. Imaginons que vous fabriquez des crayons
à papier et que votre coût le plus important c'est le
graphite pour les mines. Disons que votre boulot c'est de trouver un
prix à ces crayons, pour que vous puissiez faire autant de
profits que possible mais aussi en vendre autant que possible. Si votre
prix est trop élevé, vous n'allez pas en vendre assez. Si
votre prix trop bas, vous n'allez pas faire assez de profits. Simple
non ? Toutes les affaires fonctionnent comme ça. Maintenant
imaginons que vous avez des relations dans le monde de la production de
graphite, et que vous avez utilisé ses connections pour
connaître à l'avance si le prix du graphite va baisser.
Dans ce cas vous êtes en avance sur vos concurrents, et vous
pouvez décider de fabriquer plus de crayons et de baisser vos
prix avant vos concurrents.
Si vous pouvez comprendre l'analogie ci-dessus, vous pouvez comprendre
ce qui est en train de se passer sur les marchés financiers.
Vous avez juste à imaginer que les crayons sont des
crédits, et que le graphite c'est les taux
d'intérêt (le coût du crédit). Parce que vous
savez à l'avance que le gouvernement doit être
forcée politiquement de baisser le coût des taux
d'intérêt (graphite), vous allez faire plus de
crédit (décider de fabriquer plus de crayons) à
des taux d'intérêt plus faibles (prix plus faible).
La partie la plus sinistre c'est que plus il y a de banquiers qui
prêtent trop, plus le gouvernement a besoin de baisser ses taux
d'intérêt. C'est ce qu'on appelle une boucle positive,
même s'il n'y a rien de positif à ce sujet.
La vraie vraie mauvaise partie (et ce point pourrait être une
controverse pour certains) et qu'il n'y a probablement personne
à blâmer. Ce n'est pas comme la guerre en Irak, où
il est clair comme de l’eau de roche qu'une poignée
d'acteurs ont poussé à la guerre (en ignorant les preuves
et en exagérant d'autres faits, même « s’ils
» voudraient vous convaincre de l'inverse a posteriori, faisant
porter le chapeau aux responsables de la CIA, ou ironiquement «
sur leurs mauvaises informations. ») Bien, si nous savons que la
CIA a pour habitude de produire des rapports erronés et
biaisés politiquement, pourquoi les convictions que les armes de
destruction massive étaient dures comme un roc à cette
époque ? Ah, les joueurs sont des gens qui jouent. « Je
suis choqué de voir que les joueurs vont au casino ! »
Dans le cas du système financier, tout le monde pourrait avancer
qu'ils font simplement leur boulot. Les politiciens répondent
aux besoins de la constitution. La Fed a répondu à son
double mandat de maintenir la croissance et modérer l'inflation.
Les banques essaient justes de se tenir en avance par rapport à
leurs concurrents. Et les prêteurs ne font que se comporter en
adéquation avec les conditions du marché qui leur sont
offerts par les banques. Même s'il y a quelques acteurs qui
ignorent certaines preuves et qui embellissent d'autres.
(Principalement, je dirais la Fed), je voudrais mettre en avant la
controverse qu’il pourrait y avoir quelque chose de plus
dangereux que cette conspiration qui est en train d'arriver. En
d'autres mots, peut-être que c'est vous et moi qui sont en train
de créer le problème, simplement en se comportant tel que
nous devons nous comporter. Comme analogie, le réchauffement
climatique est facile à attribuer à ceux qui consomment
beaucoup de pétrole, mais c'est vraiment causé par vous
et moi qui conduisons au boulot chaque matin. Le pire et ce qui effraie
le plus dans cette histoire c'est que l'une des choses les plus
difficiles dans la vie à faire, c'est de changer les personnes.
Je n'arrive même pas pour les membres de ma famille et mes amis
à changer les choses qui m'ennuient le plus à leur propos
! Comment allons-nous changer le comportement de centaines de millions
de personnes ?
Alors où est-ce que ça se termine ? très
simplement, là où ça se termine toujours. Avec un
dollar qui ne vaudra plus rien. Tous les systèmes bancaires dans
l'histoire qui ont tourné à vide (ça veut dire qui
ne sont pas attachés à un bien matériel) ont
terminé en ne valant plus rien du tout.
Mais ne perdons pas espoir. Il y a des choses que nous pouvons faire.
D'abord, en tant qu'individu, nous pouvons investir dans les
matières premières et les autres investissements qui
bénéficieront d'une baisse du dollar pour protéger
les actifs de nos familles. Deuxièmement, dans le prochain
article, je discuterai des étapes que nous pouvons prendre pour
motiver notre société a modifié son comportement
en gardant une perspective long terme à l'esprit.
(1) « l'une des choses dont il faut le plus se
préoccuper c'est à quel point les marchés sont
préoccupés » a dit Andrew Tilton, un des principaux
économistes de Goldman Sachs à New York. « Une
contagion vers le marché du crédit basé sur la
peur est une possibilité, cependant nous ne pensons pas que
c'est le scénario le plus probable. »
Publié le 22 mars par Charles Zentay. www.thinkinvest.blogspot.com
traduit de l'anglais par SR.

