Recette pour un crash sur le marché par Clif Droke.
Article publié le 17 mai 2007 sur www.clifdroke.com
Ces derniers jours j'ai reçu un
nombre significatif de demande d'informations assez nerveuse de la part
d'investisseurs qui s'inquiètent du potentiel d'un crash sur
le marcher action quelque part entre maintenant et la fin de cette
année. Cette peur est en partie fondée sur ce
qu'on appelle « le phénomène des
années en 7 », qui dit que les années
terminant en 7 de chaque décennie voient
généralement se dérouler une baisse
très forte des marchés actions ou même
un crash comme en 1987 et 1997.
L'influence de la mythologie autour de ce
phénomène sur les années en 7 est
souvent utilisée par les auteurs de newsletter
extrêmement pessimistes pour effrayer leurs lecteurs et les
éloigner des marchés actions pendant les
années en sept de n'importe quelle décennie. Un
exemple de cette dernière peur, que tous les investisseurs
ont eu à un moment donné ou à un
autre, se trouve dans l'e-mail suivant que j'ai reçu
récemment : « j'ai toujours très peur
à propos de cette histoire des années terminant
en six ou en sept qui ont toutes été
affectées d'une correction d'au moins 20 % depuis 1856
».
Ce qu'on appelle le phénomène des
années en 7 est largement présenté en
longueur dans le célèbre livre, « Tides
in the Affairs of Men », écrit par Edgard Lawrence
Smith (écrit au début du siècle et
jamais traduit en français). Edson Gould, Yale Hirsh et
Larry Williams ont aussi beaucoup écrit sur le sujet et ont
aidé à promouvoir cette phobie des
années en sept.
Pourtant toutes les années en 7 de chaque
décennie n'ont pas été
baissières pour les marchés actions et
quelques-unes ont même été
significativement haussières. L'année 1927 est un
exemple notable. Une étude sur les patterns sur les
marchés actions pour les années en 7 qui
s'étend de 1857 à 1997, a montré que
quand le marché a eu une année
particulièrement mauvaise lors d’une
année en 7, elle a généralement
démarré sur une note plutôt difficile.
En d'autres mots, les années baissières en 7 ont
vu le marché commencé à baisser
quasiment dès le début et la baisse s'est
poursuivie tout au long de l'année. Si le marché
a commencé l'année de manière
haussières il y avait alors une très forte
probabilité que l'année se terminerait avec des
gains sur les principaux marchés d'actions.
Il y a eu, cependant, quelques-unes des plus fortes baisses qui ont
vraiment eu lieu dans cette étude du
phénomène des années en 7 sur 140 ans.
Par exemple, il y a eu entre la moitié et la fin de
l'année des ventes panique qui se sont produites en 1957,
1987 et 1997. Que s'est-il passé pour qu'apparaissent ses
faiblesses soudaines pendant les années en 7 de chacune de
ces trois décennies ? Alors que les facteurs qui ont
contribuées à chacune de ces baisses sont uniques
dans leur genre, toutes les trois ont des caractéristiques
similaires dans le faîte que le sentiment des investisseurs
est devenu euphorique, avec des degrés divers, avant chacune
de ces années. L'élément commun pour
les années 1957 et 1997 étaient aussi que les
cycles de six ans ont atteint leurs apogées à
chaque fois dans ces années. Les pics des cycles de six
années ont tendance à produire des baisses
très fortes sur les marchés actions,
spécifiquement quand le sentiment des opérateurs
est au plus haut. C'était très certainement le
cas avant le crash du marché en 1987.
Dans le cas présent le dernier pic du cycle de six ans a eu
lieu en octobre 2005, ce qui a permis la correction du
marché en septembre et octobre. Le pic du cycle de six ans
n'étant pas un facteur cette année, quel autre
cycle d'amplitude majeure pourrait agir comme un catalyseur pour
provoquer un crash du marché action ? Réponse :
aucun d'une importance significative. Le cycle de 10 ans continue
d'être haussier et ce jusqu'en 2009 et c'est le cycle long
terme le plus important dans n'importe quelle décennie.
Cependant les considérations sur les cycles sont largement
hors du champ de cette discussion pour le moment.
Maintenant que l'on a vu que les peurs fondées sur des
inquiétudes concernant les cycles saisonniers pour cette
année 2007 étaient largement
infondées, quelles autres influences peuvent alimenter cette
peur répandue d'un crash sur le marché action
cette année ? Le facteur le plus important quand on analyse
les marchés pour estimer le potentiel d'un crash est la
psychologie des investisseurs. Le sentiment des investisseurs n'est pas
la plus importante cause des crash, mais souvent ils servent de
déclencheur. Les crash sont causés par, entre
autres choses, la sur-évaluation de la classe d'actifs
considérés. Discutons de chacun de ces facteurs
pendant une minute.
Ma réponse formelle aux questions dont j'ai
été l'objet cette année à
propos du phénomène des années en 7 et
du risque que cela pose pour les marchés d'actions est qu'il
faut considérer deux choses distinctes : 1) il est possible
que le marché ait déjà eu son choc
obligatoire des années en 7 pour cette année avec
la baisse de fin février. Ce vent de panique vendeur est
venu de nulle part, catalysé par les commentaires baissiers
de l'ancien président de la Fed Greenspan et les
autorités chinoises. La panique vendeuse de fin
février a poussé l'estimation du sentiment des
investisseurs à ses niveaux les plus bas de ce que nous
avons vu depuis des années. En fait, une de ces
études du ratio put/call est tombé à
son plus haut niveau de puts contre les calls de l'histoire ! Cela
montre que le sentiment des investisseurs US est actuellement
très baissier d'un point de vue historique, et c'est en
principe relativement haussier pour les actions à moyen et
long terme. 2) si nous devions avoir un autre accident plus tard cette
année, je ne peux pas imaginer qu'ils soient proches de 20
%. Ceci parce que l'évaluation des actions est toujours
très basse (les actions sont
sous-évaluées de 28 % si l'on se
réfère au modèle IBES et les
rendements prévus pour le SP500 sont toujours
très au-dessus du rendement des T Bonds).
Pour avoir un crash du genre 1997 il faudrait vraiment avoir une
combinaison de facteurs réunis. D'abord il faut un pic sur
les cycles. Il faut également que le sentiment des
investisseurs soit bien au-delà de la norme
(c'est-à-dire, largement trop haussier par rapport aux
mesures standard). Clairement c'est bien trop tôt dans le jeu
pour qu'un crash sur les marchés actions intervienne
rapidement.
Il faut aussi qu'il y ait un retournement du momentum interne
(déterminé par la variation du nombre de valeurs
qui font du nouveau plus haut par rapport à celles qui font
de nouveau plus bas). Une fois encore nous voyons qu'il est bien trop
tôt dans ce cycle de 10 ans pour qu'un crash arrive puisque
pour l'instant le momentum interne est très fort et qu'il
l’a toujours été depuis que le
marché a fait ses plus bas en juin juillet 2006.
Même le momentum à 200 jours des nouveau plus haut
sur le NYSE est toujours dans une tendance haussière forte.
Et cela prendra un certain temps avant que ce type de momentum ne se
renverse et crée un courant inverse dangereux pour les
marchés actions.
Finalement, pour qu'un crash sur les marchés actions puisse
intervenir il faut également qu'il y ait des
sur-évaluations fondamentales des valeurs comme dans le
modèle d'évaluation IBES et/ou l'écart
entre les rendements des valeurs et les rendements du
trésor. Par exemple, en 1987 et 1997 le modèle
IBES a fait un pic largement en territoire «
surévalué » juste avant le crash dans
chacune de ces deux années - quelque part dans la zone d'une
surévaluation de 40 % en 87 et autour de 25 % de
surévaluation juste avant le mini crash de 97. Aujourd'hui
c'est exactement l'opposé puisque le modèle
montre que les actions sont sous-évaluées de 28
%. Donc je ne vois donc pas du tout un crash arriver cette
année avec ce type de sous-évaluation massive.
Voici le graphique des évaluations IBES par Haysadvisory.com

Également, gardez en tête que nous avons un record
de liquidités aujourd'hui, avec la Fed
déterminée à faire grossir la
croissance monétaire avec pour conséquence, un
resserrement sur l'offre action, et la vigueur des fondamentaux que
nous venons de mentionner. Ajoutons à cela le sentiment des
investisseurs qui est relativement baissier comparé
à 1987 et 1997 et il est difficile d'imaginer comment ce
marché haussier pourrait se terminer avant que la foule ne
joigne le mouvement dans une capitulation massive d'euphorie -
exactement comme à la fin des années 90 avant le
crash des technologiques.
J'ai reçu un autre e-mail qui vaut la peine d'être
mentionné parce qu'il va directement au coeur du
problème pour savoir pourquoi les actions devraient
continuer à offrir une bonne
rémunération malgré le déni
de ces auteurs supers pessimistes. Il écrit : «
les entreprises ont racheté leurs titres pour des milliards
de dollars depuis plus de trois ans. Aditionnellement un montant
énorme de titres américains ont
été retiré du marché sur la
même période grâce aux
activités de rapprochement et les prises de
contrôle pour un total qui dépasse largement
quelques trillions de dollars. Plus encore, plus
particulièrement à l'attention de ces
investisseurs individuels baissiers, ils ont alloué plus de
90 % de leurs investissements à des fonds actions
étrangères durant les dernières deux
ou trois ans - courant après la performance. Quand le Dow
Jones va passer la barre des 15 ou 16 000, peut-être que
quelques-uns vont le remarquer et commencer à ignorer la
folie qui a été écrite en permanence
sur des vieilles nouvelles telles que les «
sub-prime » : il ne fait aucun doute que tout cela a
déjà été pris en compte
dans « le mur des inquiétudes ». Les
plus têtus vont continuer à se concentrer sur de
vieilles nouvelles remises au goût du jour et vont passer
à côté du marché
certainement jusqu'à ce que le Dow Jones touche la barre des
19 ou 20 milles et ils paniquerons alors et plongeront dedans avec tout
ce qu'ils ont. Le top va certainement coïncider au moment
où les acteurs des fonds actions prendront leurs
bénéfices et offriront un paquet de vieilles
entreprises à la vente. Peut être que cela sera
pour 2010 ou 2011 - qui sait ? Pas moi .»
La peur d'un crash sur les marchés actions n'a jamais
été plus forte qu'aujourd'hui. La raison de cela
c'est que nous avons tous été
conditionnés par au moins un ou plusieurs crash sur les
marchés actions dans notre vie et un bon nombre de mini
crash et de ventes paniques. Ces retournements de marché et
les dommages qu'ils infligent ont tendance à laisser des
souvenirs profonds et des cicatrices émotionnelles qui ne
s'effacent pas facilement avec le passage du temps. Ces souvenirs
chargés émotionnellement sont remontés
à la surface depuis quelques années à
cause des scandales d'entreprise plus tôt dans cette
décennie en même temps que des pertes massives sur
les fonds de pension qui ont laissé des millions
d'investisseurs avec un sentiment très partagé
sur le futur du système financier américain.
Une étude historique montre que le sentiment
général psychologique à n'importe quel
moment réagit aux problèmes et aux peurs d'au
moins trois à quatre années auparavant. En
d'autres mots, la psychologie de masse est toujours largement en retard
de la réalité de l'instant présent.
Ces peurs très ancrées qui ont
été provoqués par des
événements bien plus tôt dans cette
décennie sont maintenant dans la tête de tous les
investisseurs de masse mais elles seront bientôt
remplacées par l'acceptation graduelle de ce marcher
haussier, provoquant alors un embrasement. Cette transition va
probablement arriver dans les une ou deux prochaines années.
Jusqu'à ce que la bascule dans la psychologie des
investisseurs passent de très baissier (aujourd'hui)
à définitivement haussier, les risques baissiers
du marcher actions vont continuer à être
très limités et un crash d'une proportion majeure
telle que les auteurs supers baissiers le prêchent
actuellement est probablement impossible.
La « recette » pour un crash du marché
action comme je l'ai souligné dans les paragraphes
précédents est très loin
d'être au rendez-vous dans la cuisine des marchés
actions d’aujourd'hui. Quand les ingrédients vont
commencé à se montrer (sous la forme de
liquidités qui diminuent, de titres
surévalués et de sentiment des investisseurs
très haussier) nous saurons qu'un top d'une proportion
majeure s'approche avec le risque possible d'un crash sur les
marchés. Jusqu'alors, la peur sera juste un autre outil
utilisé par la presse pour garder le public à
l'écart de ce marché haussier.
Clif Droke est l'éditeur de la lettre tri hebdomadaire
Momentum Strategies Report qui couvre les marchés actions
américains et anticiper les mouvements d'action,
à court et à moyen terme, en utilisant des
méthodes d'analyse technique propriétaire et des
analyses à base de moyenne mobile. Il est aussi l'auteur
d'un certain nombre de livres, parmi cela le plus récent
« How to read chart pattern for greater profits. »
Pour plus d'informations vous pouvez visiter son site www.clifdroke.com

