Raison, Tord, Poker et Jeu d’échec.

Article publié à l’origine le 18 septembre par Fernando Gonzalez sur www.tradingacademy.com

Les marchés ont passé la plupart de la semaine précédant le jour du travail (US) hésitant juste autour de résistances court terme clés comme indiqué dans notre dernier article. Ceci nous a donné des conditions de trading assez misérable comme le montre Mercredi et Jeudi avec un range pénible de 4 points sur le S&P. C’est quasiment le plus étroit de ce que j’ai eu l’occasion d’observer sur le marché. Vendredi, le marché a réussi à passer et rester au-dessus de 1303 sur le S&P500, et cela rend possible un plus haut de plusieurs années à court terme. Pour le DOW, un nouveau plus haut historique entre en jeu à court terme avec des cours qui se stabilisent au-dessus de 11.465, pendant que le Nasdaq continue de se battre pour sa vie – son plus haut annuel n’est pas du tout en vue sur cette échelle de temps. Nous ferons le point sur la situation graphique dans notre prochaine lettre comme nous le faisons toujours.

Pendant ce temps là, prenons un moment pour examiner la grande question sur la part des médias, des participants du marché et des investisseurs particuliers sur le fait que le marché action est réellement entré dans un mode de « marché haussier », ou si les ventes massives que l’on a vue en Mai n’était qu’un échauffement pour pire à venir. Les Bulls vont avancer qu’on a vu le pire sur le marché entre 2000 et 2003, et ils ont de bonnes raisons de penser de la sorte : le S&P500 a été diviser par deux, et l’histoire nous suggère que cet indice ne devrait pas avoir un rendement aussi misérable dans un avenir proche. Il y a aussi probablement un millier de BONNES raisons pour dire que le pire est derrière nous et que l’évolution du marché à venir est vers le haut. Il se pourrait très bien qu’ils aient raison.

D’un autre coté, les Bears peuvent avancer que le marché est dans une vague de baisse très long terme (secular en anglais), ce qui suggère que nous avons encore beaucoup de chemin à faire avant que le marché puisse nous offrir le rendement habituel qu’on peut trouver dans un marché haussier. En fait certain avance même que le pire est encore devant nous. Il y a des milliers de BONNES raisons de penser que c’est probablement le sens le plus évident du marché dans les prochains temps. Et il se pourrait très bien qu’ils aient raison.

Qui devons-nous donc croire ? Quand on s’attarde sur ce sujet, il y a un principe très simple qui m’aide à comprendre le marché, et dans bien des cas, le chemin de la vie, et ca marche comme ca : nous, en temps qu’humain, sommes suffisamment créatifs pour développer avec persuasion des preuves pour justifier à peu prêt n’importe quel point de vue. C’est bien et c’est un aspect très positif de l’être humain. L’utilisation de notre créativité, la visualisation et notre imagination est un des aspects clés pour pouvoir contourner presque tous les pièges du marché, comme nous le faisons pour les autres risques en dehors des marchés financiers.

Mais le marché, comme la vie, est en évolution permanente. Il existait bien avant n’importe lequel d’entre nous, et il est probable qu’il sera là bien longtemps après que nous ne serons plus. A cause de ces modifications permanentes, les marchés changent perpétuellement. Nous en tant que participants nous sommes en interaction avec ce marché en constante transformation et nous devons nous adapter à ces changements.

Nous sommes capables de développer tous les types de preuves pour justifier nos croyances, ou plus simplement écouter ce que les analystes ou les autres acteurs du marché disent et baser notre propre opinion la dessus. Quelle que soit la solution retenue, nous devons penser suffisamment indépendamment pour mettre des limites à nos croyances au moins pour le cas ou nous devons anticiper le cas d’avoir totalement tord et en conséquence de devoir faire face au risque monumentale que l’on a pris en ne s’adaptant pas assez vite aux changements.

C’est un fait inévitable : on aura tord bien des fois. Notre interaction avec le marché n’est pas un jeu ou il faut avoir raison ou tord à un moment donné, mais plutôt s’adapter au marché lors d’une série d’occurrence liée les unes au autres. Cette « adaptation » au changement, le processus par lequel nous abandonnerons lentement nos certitudes en faveur d’une nouvelle (qui peut être totalement neutre), doit se retrouver dans tous les aspects de la construction de nos stratégies. Nous devons fixer des limites raisonnables à nos espoirs, particulièrement quand la direction du marché est un élément essentiel dans notre interaction avec ce système qui est en mouvement constant. Ces limites doivent être des limites non seulement en PRIX mais aussi en TEMPS – au moins pour nous donner la chance de vivre un jour de plus comme on dit, au cas ou on aurait tord. Cela ne s’applique pas seulement à l’acte de placer un ordre stop sur un trade en particulier, mais cela doit plutôt être une approche globale de l’ensemble de son travail sur une certaine durée, chacun d’entre eux étant connecté aux autres, ce qui crée une chaîne continue ou en perpétuelle évolution.

La réponse à cette question de savoir si le marché est BULLS ou BEAR à long terme est une de celle qui viendra à nous de manière progressive – ca sera comme ca tout le temps. Sur ces horizons de temps aussi long, il y aura toujours beaucoup de temps pour mettre à profit n’importe laquelle des solutions. C’est tellement difficile de se forcer à penser que dans un sens, à cause du risque monumental qui est associé avec un tel raisonnement. A long terme, le risque d’avoir tord s’étend très loin et très largement, en terme de PRIX et de TEMPS. A cause de risque important, nous devons nous assurer avec la plus grande prudence que nous avons examiné tous les angles pour appuyer notre décision, pas seulement à partir d’une source unique, mais aussi à partir de nos conclusions personnelles. Si (et c’est un grand SI) nous avons pris un parti, nous devons nous préparer à quantifier cette hypothèse avec des limites bien déterminées en temps et en prix, et être préparé à CHANGER au cas ou ces limites seraient franchies. Les pertes sont toujours attachées aux gains, et parce qu’il suffit de quelques grosses pertes pour nous avoir – la nature de ce jeu est de s’adapter au changement, en évitant des gros risques qui pourraient nous empêcher de prendre d’autre risque à l’avenir.

On ne peut pas ignorer que nos objectifs court termes (reflété par nos actions jours après jours) sont liés à nos plus longs. C’est encore une autre raison pour rester très flexible dans ce que nous croyons du marché à très long terme. Ce processus de survie jour après jour est le processus avec lequel nous allons apprendre à survivre à long terme, trader efficacement et finalement construire et conserver son compte.

Certain disent que trader c’est comme jouer au Poker (calculer les risques et profits), pendant que d’autres disent que c’est comme jouer aux échecs (raisonner avec plusieurs coups d’avance). Même s’il y a des similarités frappantes, j’observe que la table de jeu, les participants et même la mesure du temps sont bien plus complexes en bourse que sur n’importe lequel de ceux là. Le trading c’est plus comme une longue partie de Poker et d’échec en même temps sans aucune limite de temps. A tous les instants, le concept de vrai ou faux ne sont jamais certains. Ils sont également temporaires. Le processus par lequel nous réussissons à gérer constamment notre exposition au risque d’avoir tord ou raison pour UNE occurrence, aussi bien que pour une SERIE d’occurrence, dans ce jeu énorme de POKER-ECHEC est ce qui va compter au final.

Fernando Gonzalez