Des maths louches au Japon et la tactique des Allemands pour
faire peur.
« If liars can figure, then figures can lie
» (proverbe Us qui veut dire : si les menteurs peuvent
compter, les comptes peuvent mentir).
Comment doit t’on réagir aux maths louches de
Tokyo, après que les apparatchiks du gouvernement avaient
ajouté 34 produits à l’indice des prix
à la consommation japonais, lesquels prix en moyennes sont
en baisse, pour enlever 48 produits et services qui devenaient bien
plus cher ? Ces maths louches ont eu pour effet une baisse incroyable
de deux tiers de l’indice net des prix à la
consommation de 0.2% en juillet, depuis un taux d’inflation
de 0.6% annoncé en juin, secouant les taux
d’intérêts au Japon.

La nouvelle méthode de Tokyo pour calculer la variation
nette de l’inflation sur les prix à la
consommation, inclus une révision de tous les chiffres parus
pour 2006, et la différence est dramatique. Au mois de mai
par exemple, le nouveau CPI net montre une inflation nulle,
comparé avec une inflation annualisée de 0.6%
avec le précédent calcul. Si c’est
juste, la banque du Japon a fait une erreur en cessant sa politique
d’aide en Mars et en montant ses taux en Juillet.
A un moment ou les gouvernements de n’importe quel bord
agissent sur les données pour promouvoir leurs
intérêts personnels, ce n’est presque
pas étonnant que la nouvelle formule de calcul pour les
données inflationnistes convient parfaitement aux
intérêts du parti japonais LDP. Par le
même hasard, il est tout à fait normal pour les
chiffres de l’inflation officiel sont en totale
inadéquation avec la réalité
vécue par les entreprises et leurs clients, et
c’est souvent regardé avec cynisme.
Derrière le revers de la main de Tokyo, il y a un gros enjeu
entre le ministre des finances japonais, qui essaie
d’empêcher le chef de la banque du Japon Toshihito
Fukui de resserrer les conditions monétaires.
Déjà, Fukui a drainé 22.7 trillion de
yen (160 milliards d’euros) du système bancaire
depuis le 9 mars, après avoir modifié la
politique monétaire accommodante en place depuis 5 ans qui
avait permis un taux de financement monétaire quotidien
à zéro pourcent.

Le ministre des finances essaie aussi de faire baisser le taux des
bonds du trésor japonais (JGB) pour aider
l’économie locale, qui a ralenti à un
taux de croissance de 0.8% pour le trimestre d’avril
à Juin. Il faut le comparer avec un taux de croissance de
2.7% au premier trimestre, le sixième trimestre
d’expansion. Le ralentissement au Japon correspond
à celui observé aux Etats Unis, où la
croissance du Pib a ralenti à 2.5% après un
premier trimestre à 5.6%.
Les conséquences de la manœuvre par Tokyo sont
claires comme de l’eau de roche. Le chef du Cabinet du
Ministre Shinzo Abe a fait ce commentaire après la
publication du CPI défiguré,
« Nous devons tout faire pour que notre embellie
économique se prolonge. Nous souhaitons que la Banque du
Japon aide l’économie sur le front de la politique
monétaire ». Comme ca, le partie au pouvoir LDP a
volé l’orage qui menacé la banque du
Japon, et il est en train d’essayer de mettre des menottes
à la banque centrale pour le reste de 2006 et probablement
pour le premier trimestre 2007.

La déformation des données du CPI japonais
abîme la crédibilité de Tokyo, et
nourri des doutes sur l’ensemble des données
économiques japonaises. Les acteurs boursiers ne peuvent
plus faire confiance qu’aux capitaux concrets qui animent le
marché des matières premières pour
avoir des indications en temps réels sur
l’inflation et plus sur les statistiques gouvernementales.
Peut être que les traders sur les taux à
Tokyo ont anticipé la forte baisse de
l’indice Reuter des matières premières
(CRB), qui est tombé sous une droite de tendance le 28
août, diminuant les inquiétudes
générales sur l’inflation.
Est-ce que la Banque du Japon a les mains liées pour le
reste de 2006 ?
Avant la nouvelle formule pour mesurer l’inflation japonaise,
Le chef de la Banque du Japon Toshihito Fukui préparait
habillement le terrain pour une hausse d’un quart de point
à 0.50% des taux au quatrième trimestre.
« Nous aiderons la croissance économique mais nous
combattrons aussi les risques inflationnistes. Nous avons cette
politique difficile de garder des conditions monétaires
accommodantes tant que nous n’attirons pas ce genre de risque
inflationniste. Nous avons du temps pour ajuster les taux mais nous ne
pouvons pas être trop lent non plus », a
t’il déclaré le 18 août.

Cependant, ayant bien compris la tactique du ministre des finances sur
la Banque du Japon en modifiant les chiffres du CPI, le contrat
à terme japonais Libor a explosé en hausse de 14
points vers le niveau de 99.49 à Singapour, abaissant de
fait le taux implicite à 0.51%, éliminant
l’hypothèse d’une nouvelle hausse des
taux par la Banque du Japon cette année. Le dollar Us est
monté à plus de 117.30 yen, au plus haut de son
range pour la période estivale, en même temps que
le rallie sur le contrat Libor yen.
Tokyo à la poursuite d’une politique pour un yen
faible.
Le ministre des finances favorise une politique du Yen faible pour
augmenter la compétitivité des exportateurs
japonais et internationaux, ce qui en contrepartie, aide à
gonfler la valeur des actions à la bourse de Tokyo. Par
exemple, les performances annuelles de Toyota sont
augmentées de 35 milliards de Yen chaque fois
qu’il y a une hausse d’un yen sur la valeur du
dollar face à la devise japonaise. Le ministre des finances
se satisfait d’un dollar Us qui tourne autour de 114
à 117.50 yen, et il réussit une excellente
performance dans ce range.

Les exportations japonaise ont grimpé de 15.9% au premier
semestre 2006, à un record de 8.1 trillion de yen, et la
balance commerciale a augmenté de 17.4% à 4.2
trillion de yen, marquant ainsi le niveau le plus haut depuis la fin
1996. Les exportations vers la Chine, hors Hong Kong, ont
augmenté de 26.1% à un record 4.96 trillion de
yen, également un niveau record. Les exportations japonaises
vers la Chine ont triplé depuis 4 ans, et sont sur la voie
pour dépasser les ventes vers le marché
américains dans les 6 prochaines années.
En plaçant un gros obstacle sur la voie d’une
nouvelle hausse des taux par la Banque centrale Japonaise, avec une
série de modification sur les chiffres du CPI, le ministre
des finances a placé un support sous le dollar Us
à 114 yen, malgré plusieurs signes que les taux
Us pourraient avoir touchés leur plus hauts à
5.25%. D’un point de vue technique, un résistance
baissière importante se situe en ce moment à
117.50 yen, et les traders sur le Nikkei 225 sont très
intéressés de constater comment le dollar Us va
se comporter à ce niveau.

Le ministre des finances peut influencer la parité
dollar/yen avec ses joutes verbales, ou ses interventions sur le
marché des devises, ou encore en faisant pression sur la
Banque centrale Japonaise pour obtenir une politique fiscale
accommodante. La banque du Japon continue d’acheter 1.2
trillion de yen (8 milliards d’euros) de bond du
trésor tous les mois aux établissements
financiers et le ministre des finances emprunte 150 milliard
à des investisseurs locaux chaque mois pour garder
artificiellement les taux bas. Ensemble, la banque centrale et le
ministre des finances convertissent en papier la moitié des
30 trillion de yen du déficit budgétaire de 2006,
au taux d’intérêt le plus faible au
monde.
Mais avec la balance commerciale Japonaise avec les Etats Unis au plus
haut depuis 20 ans au premier semestre 2006, la réforme du
déficit structurel de la balance commerciale
américaine va nécessairement demander un
affaiblissement du dollar. Mais le retour à de meilleur
hospice est empêché par un déficit de
5% de taux à l’avantage du Libor yen, en hausse
par rapport à l’avantage de 1.2% du premier
trimestre 2004. Cependant, si des signes d’un ralentissement
fort du marché immobilier Us commençaient
à se montrer, la Fed pourrait commencer à baisser
le niveau de ses taux et ainsi affaiblir le dollar, ce qui pourrait
faire dérailler le plan de Tokyo.
Le verbiage de Tokyo entraîne le taux du JBG plus bas
La prise de contrôle sur le marché des bonds du
trésor Japonais (JGB) est solide comme de l’acier,
avec très peu de banques japonaises qui oseront
désobéir au dictat mis en place par le ministre
des finances. Son chef Sadakazu Tanigaki a mis en laisse sur le taux de
référence du JGB à 10 ans au niveau
psychologique de 2% le 12 juillet, quand il a avertit, « la
déflation au Japon n’est pas encore
terminée, il n’y aucun besoin de presser la banque
centrale de monter les taux et les signes inflationnistes ne sont pas
encore apparus. La banque du Japon a besoin d’observer le
marchée et les conditions économiques sous
jacentes avant de prendre une décision sur les taux
d’intérêts » a t’il
dit.
La révision du CPI net le 25 août, n’a
pas laisse d’autre choix aux traders Japonais que
d’acheter le JGB a un prix fixé, même si
les décisions passées ont
été faite avec des chiffres de
l’inflations manipulées et sur lesquelles on ne
peut pas s’appuyer. Les étrangers ont totalement
déserté le marché du JBG a faible
rendement il y a bien des années, avec seulement 5% de la
dette publique japonaise de 774 trillion de yen (5 trillion
d’euros), détenue par des investisseurs qui ne
sont pas du cru. A la place, c’est les banques japonaises qui
détiennent un montant colossal de 140.4 trillion de yen (1
trillion d’euros) de JBG, à peu prêt la
taille de l’économie canadienne.

Pourtant même si les étrangers ne sont pas
très actifs sur le marche du JGB, le marché de
taux de la bourse de Tokyo a une influence importante sur les autres
marchés de taux. Les taux allemands à 10 ans ont
baissé de 32 points de base depuis le 4 juillet dernier,
quand les taux à 10 ans japonais ont fait leur pic
à 2% avant de tomber de 32 points de base à 1.68%
le 28 août. Les taux allemands glissent en baisse
malgré les anticipations d’au moins une
à deux hausses de taux par la banque centrale
européenne d’ici la fin de
l’année. Tokyo a plus d’influence sur la
direction du marché de taux allemand que la banque centrale.
Mais pendant que les traders de taux japonais étaient
facilement manipulés par les statistiques
corrigées du CPI, les traders sur l’or
ont éternué devant la manipulation des chiffres.
Après l’abandon de la politique accommodante sur
les taux, les taux du marché japonais et l’or
coté en yen ont évolué main dans la
main, reflétant une anticipation commune sur
l’inflation. Mais pendant que le JGB plongé a son
plus bas de 5 mois le 28 août, le prix de l’or
à Tokyo restait très méfiant, et
n’a pas bougé de la zone de 72000 yen par once,
juste 8.5% en dessous de ses plus hauts de 18 années.

Avec la banque du Japon qui injecte 1.2 trillion sur le JGB chaque
mois, et en pensant par deux fois drainé le yen par des
opérations sur le marché ouvert, une
reconstruction des stocks de yen pourrait maintenir le prix de
l’or à leur plus hauts. Si les prix de
l’or à Tokyo reste sur leur plus haut avec
entêtement, la baisse récente du taux japonais
à 10 ans pourrait être de courte durée.
Pour essayer de ramener le cours de l’or vers 65000 yen
l’once, le ministre des finances japonais parie sur une vente
importante d’or par les banques centrales
européennes dans les semaines à venir.
La tactique européenne pour faire peur sur le
marché de l’or.
Les banques centrales Européennes ont vendu prêt
de 340 tonnes d’or pour l’année fiscale
qui clôture le 26 septembre, en dessous de leur quota annuel
de 500 tonnes, et avec seulement 4 semaines d’ici
là. La peur d’une vente soudaine par
l’Europe a contenu le prix de l’or depuis
qu’il a atteint son plus haut de 675$ l’once le 17
juillet. La France a vendu 116.5 tonnes à la fin juin, plus
que les 115 tonnes vendus l’année
dernière, et détient encore 2790 tonne
d’or. L’Espagne a vendu 35.6 tonnes, en hausse sur
les 30 tonnes vendues l’année dernière.
Dans un interview avec le quotidien allemand Bild à
paraître le 22 août, le chef de la Bundesbank Axel
Weber a été ambigu, « c’est
concevable que nos réserves puissent être
réallouées d’une certain
façon, de l’or vers les devises
étrangères. Mais nous ne voulons pas tirer sur
les réserves en devises allemandes. » Le stock
d’or de l’Allemagne est le second plus important au
monde, pour une valeur de 54 milliard d’euros à la
fin juillet. La bundesbank détient aussi des devises dont
des dollars Us et du yen pour un montant de 28 milliard
d’euros.
Gary Dorsch
traduit de l'anglais par SR

