L’intraday y’a que ca de vrai ! En êtes vous si sur ?

L'indice CAC 40 vient de faire sa plus forte hausse en 7 séances depuis 2003. À cette époque, le marché reprenait une tendance haussière après trois années de marché baissier. La volatilité était à des records et ce genre de mouvement faisait partie du paysage presque chaque semaine.

Une hausse de 340 points en sept jours, c'est l'occasion ou jamais d'accumuler les gains en trading.


La très forte baisse de volatilité depuis deux ans a fait disparaître cette mode, mais de nombreux débutants sont encore persuadés que les voies de la fortune passent plus par un travail en intraday que par un travail sur un horizon plus long.

Examinons dans le détail ce mouvement de hausse qui reste la meilleure opportunité de gain en si peu de temps depuis quatre ans :



J'ai mis en évidence sur ce graphique les trois conditions de marché qui jalonne le quotidien des trader : les ouvertures en gap avec un fort décalage par rapport à la clôture de la veille, les phases de consolidation (en grisé sur le graphique), et les accélérations.
Dans cette hausse de 340 points, il y a trois ouvertures en fort décalage qui à elle seule représente 170 points soit la moitié du mouvement.
Dans la hausse, il est également quatre phases de congestion horizontale. Ces phases de congestion couvrent toute la durée de cette hausse, sauf les deux périodes d'accélération qui représente elles 9 heures de cotation sur un total de 65.
Il reste donc ces deux accélérations, celle du 20 mars du a la publication des nouveaux permis de construire aux États-Unis qui n'était pas en baisse, et celle du 23 qui nous a permis de rejoindre le plus haut atteint dans ce mouvement sans motivation spécifique.

Si on se place dans une perspective de trading en intraday, il fallait donc se positionner dans une statistique importante pour prendre le premier mouvement de hausse, ou alors se placer au septième jour de hausse après un mouvement de plus de 300 points.

Il est évident dans ce mouvement qu'il était impossible à partir d'un travail en intraday de capter la majorité de cette envolé historique.
Certains pourront me dire que je me suis attardée exprès sur cet exemple car c'est une caricature. Je peux vous affirmer que ce n'est pas le cas et je vous invite à examiner en détail les accélérations qui ont lieu après chaque mouvement de baisse, et vous verrez que dans la majorité des cas les caractéristiques techniques de ces hausses sont identiques.
Vous pouvez également me rétorquer que celui qui choisit de travailler en intraday a pu trouver dans cette hausse de très nombreuses opportunités de quelques points et qu'additionnées les unes aux autres il était possible d'approcher la performance du marché sur cette période. Malheureusement, avec autant de phases de congestion et surtout dans ces périodes là, une volatilité très faible comparée à l'ampleur du mouvement, il aurait vraiment fallu être un génie pour parvenir à se rapprocher ne serait-ce que de la moitié de la performance de l'indice.
On peut dire aussi  que celui qui travaille en intraday essaie de se protéger des mouvements hors séances. Je ne vais pas refaire la démonstration dans cette colonne mais là encore quand on connaît le biais historique du marché à la hausse dans les mouvements overnights, cet argument est donc difficile à défendre.

À titre personnel j'ai toujours vu le trading en intraday comme une excuse.
Une excuse pour prendre plus de risques qu'on ne peut vraiment se le permettre.
Une excuse pour se trouver quelque chose à faire quand le marché ne le justifie pas. Une excuse pour alimenter ses rêves en pensant que si on surveille le marché pas à pas on ne ratera pas L’opportunité.

Le trading est un exercice exigeant il demande de la discipline, de la concentration, de la rigueur et une grande maîtrise de soi. Mon expérience et mes échanges avec d’autres traders à succés me démontrent que plus l’on passe de temps au contact des écrans moins on est capable de maîtriser ces piliers du trading.

Si la très forte baisse de la volatilité a fait disparaître de très nombreux acteurs en intraday sur les actions, ils se sont déplacés vers d'autres marchés sous prétexte de trouver de meilleures opportunités. Pour certains, c'est travaillé le futur cac avec de forts effets de levier, pour d'autres, c'est se frotter au marché à la mode le forex.
De plus, sur ces marchés là, on a l'impression de résoudre une partie des problèmes puisque les gap sont moindres grâce aux plages bien plus larges de cotation. Il n'empêche que si on veut vraiment s'en tenir à la discipline du trader en intraday, c'est-à-dire couper ses positions chaque soir, on ne peut pas travailler dans des conditions de concentration optimale plus de quelques heures, et si le gap n'est pas réel sur le marché il l’est entre deux séances de trading.

Sur le marché il y a deux faits connus : plus de 95 % des trader avec effet de levier trade avec à peine 1500 €, et certainement à cause de cela, la quasi-totalité d'entre eux ne prenne des positions qu'en intraday.
Bien sûr que tout le monde a le droit de devenir riche mais penser réellement que l'on a une chance dans ces conditions, c'est se mentir et ne pas se rendre service.
Si l'on fait ca par plaisir intellectuelle ou par défi, c'est tout à fait légitime. Mais si on fait ça en espérant devenir riche, c'est déjà le premier pas vers la disparition de ce maigre pécule.

Conclusion :

En écrivant cet article mon objectif est de montrer aux débutants certains piège dans lesquels il ne faut pas tomber et certaines voies qu'il ne faut pas utiliser. Si j'ai réussi à attirer votre attention sur certains points, une partie de mon objectif est atteint, si en revanche le ton de cet article est trop frustrant en comparaison de vos rêves, j'espère que vous trouverez dans cette rubrique d'autres éléments techniques pour vous aider à bâtir votre méthode.