Adapter le seuil de surachat survente d'un RSI en fonction de la tendance du marché.

La solution technique

La première idée pour adapter ce seuil serait de mettre une moyenne mobile sur le Rsi et d'agir par rapport à cette moyenne.
C'est un moyen d'abord de lisser le Rsi puis de fixer ces seuils par rapport à la position à moyen long terme du Rsi.
On pourrait par exemple fixer des seuils statiques autour de la moyenne en disant, je suis suracheté quand je suis à 20 au dessus de la moyenne et je suis survendu quand je suis à 20 en dessous.

Une fois qu'on visualise ce concept il n'y a qu'un pas pour intégrer aussi la notion de volatilité. Nous avons à notre disposition un outil excellent qui intègre cette notion de seuil haut et seuil bas et qui en plus tient compte de la volatilité : ce sont les bandes de bollinger.


Le signal

J'achète quand le RSI 14 franchit à la baisse les bandes de bollinger de sa propre moyenne (à 100 jours et des bandes de bollinger séparé de 1 écart type) et je vends quand il franchit à la hausse la bollinger.

cac

L'equity curve sur 15 ans :

cac

Visiblement il va falloir travailler sur les paramètres pour essayer d'améliorer les performances. Ce n'est pas catastrophique (dommage car si on fait l'inverse de quelque chose de très mauvais on peut avoir du très bon), mais il n'y a pas de quoi s'enthousiasmer.

La modification des bandes n'apporte pas grand-chose. J'ai donc cherché au niveau de la durée du RSI et de sa moyenne mobile. Sans surprise dès qu'on réduit l'un ou l'autre le nombre de signaux augmente en flèche.

D'abord avec un Rsi très court (on se souvient que dans le premier test cela avait changé pas mal de chose) :

cac

Les résultats sont nettement meilleurs et avec 120 positions en 15 ans, les frais de courtage sont gérables.

Si on agit sur la moyenne :
Les résultats s'améliorent un peu plus quand on passe sous 50. De plus, quelque soit la durée de la moyenne entre 20 et 50, les résultats sont très comparables ce qui est un gage de stabilité.

Par exemple pour une moyenne 40 :

cac

Le nombre d'opération augmente à peine avec 135.

Il me reste à voir si en modifiant mes écarts types cela change quelque chose :
Si je mets l'écart type supérieur à 2, les résultats chute de manière catastrophique. C'est logique puisque ça me conduit à rentrer plus tardivement en position alors que le marché est biaisé à la hausse et que c'est donc l'inverse qu'il faut faire.

Si je mets l'écart type inférieur à 2, j'ai un phénomène intéressant :
Le nombre d'opération chute beaucoup puisqu'il ne me reste que 53 opérations mais l'equity curve est beaucoup plus rectiligne ce qui se traduit par un taux de réussite de plus de 70%.

cac
Le gain total n'est cependant pas aussi bon que lorsque l'écart type est plus faible.
Mais cette equity curve est très intéressante car ce modèle à l'air bien moins sensible aux marchés baissiers que le précédent.

La modification du RSI ne change pas grand chose (les résultats sont un peu meilleurs avec 6 et le nombre d'opération est bien inférieur donc c'est ce que je retiens) mais si je diminue encore un peu la moyenne (à 25), j'obtiens quelques gains supplémentaires.

cac

En optimisant les paramètres à leur maximum je peux encore largement améliorer les performances mais avant d'aller plus loin cela vaut la peine de voir ce que ca donne sur d'autres supports comme les actions.

Je prend la première du Cac : Accor

cac

puis la seconde AGF :

cac

Les résultats sont assez inégaux mais il y a cependant des informations très intéressantes à retenir.
D'abord ce modèle met très bien à son profit les phases de hausse. En revanche dans des phases de baisse très prononcées, les signaux d'achat finissent par coûter cher.

Par exemple si je prend un cas extrême : Cap Gemini

cac

On voit que quelques opérations dans la période 2000 à 2002 amputent toutes les chances de succès à long terme.


L'utilisation contre productive des stops

Logiquement on pourrait penser qu'un stop de perte pourrait améliorer les performances. C'est vrai dans ces phases baissières mais malheureusement, dans les marchés haussiers, de nombreux stops sont déclenchés faisant ainsi sortir prématurément des positions qui se révèlent très profitables au final. Et au final, les gains sont trop diminués pour que l'utilisation des stops soit intéressante.


Test sur les 40 valeurs du CAC 40

Seules 12 valeurs sont perdantes et la plupart des gagnantes sont proches des performances des titres avec un taux de réussite très correct.


Ce n'est pas une solution miracle mais le fait d'adapter les bornes de sur achat et de survente en fonction de la volatilité améliore considérablement l'utilisation basique du RSI.